A Rouen, la tradition voulait que le dernier week-end de mai soit consacré aux fêtes Jeanne d’Arc. Celles-ci n’ont jamais eu l’ampleur et la réputation des fêtes johanniques orléanaises. Toutefois, chaque année, Rouen aimait à se souvenir de la petite Lorraine venue mourir si loin de chez elle. Or il peut sembler curieux qu’une ville honore celle qu’elle laissa martyriser. N’est-ce pas rappeler une honte douloureuse ? N’est-ce pas attirer l’attention sur le rôle ambigu des Normands et des Rouennais longtemps partagés, parfois contre leur volonté, entre Saint Georges et Saint Denis ?
Si Orléans évoque la plus éclatante victoire de la Pucelle, Rouen est le lieu de son supplice ; mais ces deux villes sont les faces d’une même médaille. En vérité dès Vaucouleurs, Jeanne était sacrifiée sur l’autel de sa mission. Au final, ce n’est pas un mince honneur qu’il fut fait à Rouen de recevoir les derniers soupirs de la sainte. Que les acteurs du procès, ecclésiastiques corrompus et occupants britanniques, soient coupables d’ignominie, cela ne fait aucun doute. Que la ville témoin de ces faits soit entachée à jamais de ce crime public, rien n’est moins sûr. Rouen se doit d’entretenir le souvenir de la mort héroïque de la jeune bergère non pas comme une faute éternelle, mais comme un insigne mérite qui lui fut confié par la Providence.
C’est pourquoi, il appartient aux simples habitants de la cité, conscients de leur héritage, de pallier parfois aux manques des administrations en place. La nouvelle municipalité a décidé cette année de rendre un hommage discret à Jeanne d’Arc, et de remplacer les fêtes éponymes par un festival profane intitulé « J’entends des voix ». Outre l’humour douteux dont a fait preuve l’équipe organisatrice, il est regrettable que Jeanne soit reléguée au rang de curiosité historique entre une parade de cirque et un concert de jazz mâtiné de hip-hop.
Le 29 mai 2009, ce sont donc une trentaine de jeunes Rouennais qui se sont réunis pour honorer et rappeler par une marche aux flambeaux la geste épique de la petite fille de Domrémy. Déjà l’an passé, ils avaient défilé pour mettre en exergue le don de soi et l’esprit de sacrifice dont avait fait preuve leur modèle. Cette fois, ils se rendirent sur la place du Vieux Marché derrière une banderole marquée de la citation de Paul Claudel : « La jeunesse est faite pour l’héroïsme ». En effet loin des plaisirs faciles et de l’indifférence mortifère, se lève une jeunesse convaincue, fière des ses racines, consciente de son destin et prête à le signifier. Il ne s’agit pas de revendiquer, ni de contester : le mécontentement n’est pas l’unique raison pour descendre dans la rue. Il s’agit de rendre un témoignage public à nos ancêtres et aux siècles d’histoire dont nous sommes dépositaires.
A la lumière de flambeaux, un jour de mai finissant, certains sont toujours là pour que vive une mémoire que d’autres aimeraient voir disparaître. Nous maintiendrons.
Vague Normande

Photos du cortège et de l’hommage place du Vieux Marché

































bel hommage, à renouveler !!
Un hommage d’exception pour une héroine d’exception !
Belle initiative, une marche destinée à devenir une tradition sur Rouen ? Pourquoi pas!
Toutes mes félicitations !
A bientôt pour notre prochaine action commune “Vague Normande” et “Jeune Bretagne”
Merci pour ce bel hommage à notre belle héroïne Lorraine, fidèle à son bon Duc, et à ses racines, et qui a été délivrer un pays étranger (la France) envahi.
Dommage que la France ne nous ait pas remercié autrement qu’avec des restructurations militaires, et le pillage de nos ressources, merci la France, Vive la Lorraine!