Toutes les régions de France sont belles et attractives, maints pays d’Europe méritent le voyage : loin de nous le projet fou de vouloir confiner les Normands « entre l’Epte et la Hague, la Bresle et le Couesnon ». Ce serait d’ailleurs contraire à notre désir de voir renouer les Normands « avec la route des cygnes ». « Over ban svan », disaient les Vikings avant de partir vers leurs expéditions lucratives et lointaines. Il n’empêche que nous regrettons aussi que les Normands en arrivent à « déconnaître leur bien », à ignorer, voire mépriser la Normandie qu’ils abandonnent l’été, lorsque la nature y est la plus plantureuse et la plus généreuse, durant lequel le temps y est souvent beau, à telle enseigne que, la pratiquant surtout aux saisons intermédiaires, ils colportent eux-mêmes l’image d’une Normandie pluvieuse, brouillassante, dénigrant même la pluie si bienfaisante, qui rend « la Normandie éclatante, herbagère et mouillée » (Lucie Delarue-Mardrus).

































